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Événement le 18/05/2013 : Rencontre autour des représentations de la Commune de Paris

L’Homme inutile ou la conspiration des sentiments

le par

Résumé

texte de Iouri Olecha traduction du russe de Marianne Gourg mise en scène de Bernard Sobel

« Pourquoi parles-tu de la dernière révolution ?
Il n’y a pas de dernière révolution, le nombre des révolutions est infini. La dernière, c’est pour les enfants : l’infini les effraie et il faut qu’ils dorment tranquilles la nuit. »
(Eugène Zamiatine, Nous autres)

Dans cette farce burlesque et fantastique de 1928, Abel et Caïn s’affrontent au pays des soviets : Andreï Babitchev, l’homme nouveau, inventeur de la cantine universelle et libérateur des ménagères soviétiques, s’oppose à son frère Ivan, chantre de l’individualisme et chef d’un complot pour une ultime manifestation des anciennes passions : une conspiration des sentiments contre l’avènement de l’homme-masse, contre le triomphe de l’utile et du rationnel. Entre les frères ennemis, Kavalerov, “l’homme inutile” – et figure de l’auteur –, hésite entre sa volonté de croire en la perfectibilité du monde, de l’homme, et la conscience aiguë de son incapacité à faire table rase du passé, à éradiquer en lui le “vieil homme”. Après Le Mendiant ou la Mort de Zand (La Colline, 2007), Bernard Sobel revient à l’oeuvre d’Olecha pour jeter, par-delà l’effondrement du bloc communiste, un autre regard sur aujourd’hui. Le socialisme a échoué, le marché triomphe. Ironie de l’histoire, Mac Donald accomplit le rêve d’Andreï, et SFR, dont le slogan promet à ses clients des “jours absolument moi”, ceux d’Ivan…

(source : site du Théâtre national de la Colline)